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Cérémonie du 18/01/2015 à Annecy-le-Vieux (article + photos + diaporama).

Cérémonie commémorative du 71ème anniversaire de la mort de Richard Andrès et Léon Bouvard le dimanche 18 janvier 2015 à 11h30 à Annecy-le-Vieux.

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A l’occasion du 71ème anniversaire de la mort de Richard ANDRES et Léon BOUVARD sauvagement assassinés par les forces nazies d’occupation, notre Amicale, jointe à la Municipalité d’Annecy-le-Vieux, a rendu un vibrant hommage à la mémoire de nos deux  héros. Eux qui, dans la fleur de leur jeunesse, ont tout sacrifié pour la Liberté et pour la France.

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Richard ANDRES, fils d’émigré espagnol, Résistant de la première heure, fut le fil conducteur qui permit à chaque Républicain espagnol qui désertait les Camps de Travailleurs Etrangers, de rejoindre les Maquis. Il fut l’un des deux premiers chefs des Résistants espagnols. Sa disparition les choqua profondément. En plus du choc émotionnel, ce fut aussi le désarroi car ANDRES était un chef mais aussi leur interprète et leur lien avec la Résistance Française. Bien sûr ils se ressaisirent vite sous le commandement de Miguel VERA, compagnon de la première heure de Richard ANDRES,  mais cette date restera marquée à jamais dans l’esprit de chaque Résistant.

Richard ANDRES dirigeait le « Service Atterrissage et Parachutage » de l’Armée Secrète pour la Haute-Savoie. Cela fit jouer un rôle de premier ordre aux Résistants espagnols dans l’organisation, la préparation puis la réception des armes parachutées par les Alliés.

Ces Résistants espagnols ont combattu sous l’uniforme du 27ème BCA. Ils ont tissé des liens très forts entre eux et Tom MOREL, lequel leur porta une grande estime. Il avait particulièrement apprécié le fait que ces Résistants très disciplinés et efficaces, avaient emmené sur le Plateau des armes soigneusement entretenues et gardées depuis la dissolution du 27ème BCA le 11 novembre 1942.

La dynamique que Richard ANDRES avait inculquée aux Résistants espagnols, se manifesta dans leur comportement exemplaire et héroïque au Plateau des Glières (rappelons-nous les éloges que Tom MOREL leur fit sur le Plateau), à la libération du département de la Haute-Savoie, de la vallée de la Tarentaise et de la Maurienne.

Léon Bouvard, Résistant français, avait intégré la Résistance dès début en militant dans le mouvement « Le Coq Enchaîné ». Ami de Jean-Marie Saulnier et de Richard Andrès, était un résistant courageux, toujours disponible pour n’importe quelle mission.

Très marqués par ce tragique épisode, les Anciens Résistants espagnols ont toujours eu à cœur la commémoration de cet événement qui représentait pour eux une des marques de leur identité.

Nous, les héritiers des valeurs de la Résistance et passeurs de la mémoire de nos anciens, les Républicains espagnols, devons veiller à qu’ils ne tombent pas dans l’oubli.

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Discours de Miguel Vera, Président de l’Amicale de la Résistance Espagnole en Haute-Savoie :

 

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Monsieur le Député-Maire d’Annecy-le-Vieux

Monsieur le Sous-préfet, Secrétaire Général de la Préfecture

Monsieur le Vice-Président du Conseil Général

Madame la Directrice de l’ONAC

Mon Général, Président de l’Association des Glières

Mon Général, délégué Départemental du Souvenir Français

Mesdames, Messieurs, les Maires et élus des différentes Municipalités

Monsieur le Chef de Service de la Police Municipale d’Annecy-le-Vieux

Messieurs les Présidents des Associations Patriotiques

Messieurs les porte-drapeaux

Mesdames et Messieurs et chers amis.

 

Voici 71 ans, jour pour jour, le 18 janvier 1944 en fin d’après-midi, Richard Andrès et Léon Bouvard sont sauvagement assassinés par les forces d’occupation nazies à cet endroit même où nous nous trouvons.

Hommes du « non », convaincus et déterminés dans la lutte contre le nazisme, ils ont sacrifié leurs vies pour que nous vivions libres.

Nous leur devons la mémoire.

André Malraux nous dit : « La plus belle des sépultures, c’est la mémoire des vivants ».

La mémoire des vivants, nous allons la perpétuer en la transmettant aux générations nouvelles. Cela est maintenant possible avec le CRD74 (Comité haut-savoyard des associations de mémoire de la Résistance et de la Déportation). Ce Comité issu de l’union de toutes les Associations de Résistants et Déportés a révélé son utilité et sa nécessité tout au long de l’année 2014 dans les célébrations du 70ème anniversaire de la Libération de la Haute-Savoie.

Dès le début de l’année, le décor a été planté avec la réalisation de l’exposition « Notre mémoire vivante ». Magnifique exposition qui a eu un énorme succès et a été réclamée par d’innombrables municipalités ou Associations. Cette expo a été financée par le Conseil Général.

Ont suivi les manifestations de nombreuses localités, souvent grandioses (exemple Saint-Gingolph).

En parallèle à ces manifestations, des villages du tour du plateau des Glières ont créé des espaces  qui deviendront lieu de mémoire ou utilisé des espaces existants pour réaliser des stèles explicatives qui font la synthèse des événements vécus localement.

De toutes ces réalisations trop nombreuses pour les commenter ici, je m’arrêterai seulement sur une, celle qui concerne le monument « Aux Espagnols morts pour la Liberté dans les rangs de l’Armée Française et dans la Résistance ». La Municipalité d’Annecy a réalisé un travail remarquable de rénovation autour de ce monument qui lui a rendu de la visibilité, du lustre et lui fait rayonner la symbolique que le sculpteur a voulu nous transmettre.

Une stèle en forme de pupitre identifiant le monument avec du texte et des photos d’époque, décrit le parcours de ces Républicains espagnols combattants de la Liberté, morts pour la France.

La Ville d’Annecy a choisi le 27 mai, jour national dela Résistance, pour l’inauguration de l’ensemble.

Ce 70ème anniversaire a été placé sous le signe de « la transmission de la mémoire de la Résistance aux générations nouvelles ».

Chaque célébration ou inauguration a été accompagnée d’une participation massive de la population scolaire. Nous saluons l’implication résolue du monde enseignant.

Comment évoquer tant d’événements de l’année 2014 sans que nous vienne à l’esprit l’image de cet homme exceptionnel qu’était Julien Helfgott que nous avons perdu le 12 octobre dernier. Son souvenir, ses propos, ses appréciations si judicieuses sur l’être humain, m’envahissent d’une profonde émotion. Son parcours de vie se croise sans cesse avec celui des Résistants espagnols. Déjà à 16 ans quand éclate la guerre d’Espagne, il prend parti pour la cause de la République espagnole. Dans sa vie parisienne, il s’engage dans des mouvements de jeunes pour récolter des fonds pour venir en aide à la jeune République. Combien de fois il m’a raconté sa souffrance et sa déchirure de voir l’Espagne abandonnée par les démocraties européennes. Il vit avec effroi la montée du fascisme, la guerre d’Espagne, prélude à la deuxième guerre mondiale. Les accords de Munich, cause de la non intervention en Espagne et le comble de sa détresse, l’effondrement de la France en juin 1940.

Lors de cette même cérémonie l’année dernière, il nous a fait l’honneur de sa présence et son discours avec des mots sortis du cœur a bien été un témoignage vivant et poignant qui nous a émus en hommage à tous ces Résistants espagnols, ses camarades de lutte dans les Maquis, aux chalets de La Cola, école de cadres pour la Résistance à Manigod, au plateau des Glières. Toutes ses interventions au cours de l’année, nous démontrent sa volonté indéfectible de porter témoignage des valeurs de la Résistance et de les transmettre. Debout, il l’a fait jusqu’à son dernier jour.

Tout comme Julien Helfgott, Richard Andrès et Léon bouvard se sont fortement engagés dans la vie associative dès leur adolescence.

Pour Andrès, dans la biographie que lui a consacrée le comte Jean-François de Roussy de Sâles, on peut lire ce passage : « Richard Andrès place sa vie sous le signe de la Laïcité, de la Fraternité et de la Liberté, vertus éminemment républicaines. Concrète aux œuvres laïques dont le but est de développer des activités éducatives et de loisirs, agissant pour l’égalité des chances. Ainsi il consacre son temps libre à la Fédération des Œuvres Laïques et au Sou des Ecoles. Ces deux associations affirment, dans un grand élan de bénévolat, leur volonté éducative et pédagogique vis-à-vis des enfants qui leur sont confiés ». Fin de citation.

Dans cet état d’esprit, Andrès, suit avec fort intérêt les événements qui se déroulent en Europe en cette année 1939. Par ces origines, il a été très attentif au drame de la guerre d’Espagne. L’analyse des tragédies issues de la coalision fasciste internationale, lui fait percevoir le danger qui va s’abattre sur la France. Il vit avec amertume l’effondrement du pays en juin 1940. La France connaît le plus grand désastre de son histoire. D’un seul coup, il n’y a plus rien, plus d’armée, plus de gouvernement, plus de légitimité.

Dans ce dramatique chaos, dans un contexte de défaite, dans la confusion et la résignation à se soumettre qui régnait parmi les hommes politiques, combien étaient-ils à avoir entendu, à avoir cru et répondu au prophétique appel du général de Gaulle ?

Richard Andrès répond à cet appel. Il s’implique totalement dans l’organisation de la Résistance.

Notre admiration et notre reconnaissance est immense envers ceux qui à une période aussi noire, aussi trouble, ont su se déterminer et choisir le camp de la justice pour le bien de l’humanité.

De ceux-là, une poignée se réunit à l’Auberge du Lyonnais à Annecy. Bien sûr l’aubergiste Jean-Marie Saulnier, son ami Léon Bouvard chauffeur de car à l’entreprise Gruffy, Le coiffeur Richard Andrès, le notaire Georges Volland, l’Inspecteur du travail Pierre Lamy, le syndicaliste Paul Viret, le restaurateur Albert Bell, l’architecte Ernest Neyrinck, Jean Carquex  travailleur à l’usine Staubli, René Noyer agent technique de la société Michelin, Raymond Ventre professeur au lycée Bertholet.

Cet embryon de la Résistance va peu à peu se développer en s’organisant dans les structures des mouvements de Résistance qui vont se créer.

Novembre 1940, mouvement « Liberté » de François de Menthon. Automne 1941 mouvement « Le Coq Enchaîné ». Novembre 1941 mouvement « Combat » de François de Menthon et Henry Frenay. Puis l’organisation de l’Armée Secrète dont le chef historique sera pour la Haute-Savoie Ernest Neyrinck dit Nik.

Dans le cadre du mouvement « Combat », Richard Andrès devient âme, moteur et cheville ouvrière de la Résistance. Il organise les Maquis, reçoit les jeunes réfractaires au STO et surtout il permet aux Espagnols des Compagnies de Travailleurs Étrangers encadrées par la police de Vichy, de déserter ces compagnies et rejoindre le Maquis. Jusqu’au jour où il devient la ligne de mire de la Gestapo. Depuis l’affaire de Saint- Eustache le 31 décembre 1943, sa tête est mise à prix. Il se sait en danger, il a été averti. Il devrait s’effacer pendant quelque temps. Mais il est engagé dans trop d’actions. Chef du SAP (Service Atterrissage Parachutage), il doit assurer les liaisons radio avec Londres, visiter et ravitailler les Maquis espagnols, mettre en relation presque quotidiennement le chef de la mission interalliée (mission Musc). Le Lieutenant-colonel Xavier Heslop avec Romans Petit, chef de l’Armée Secrète, qui, la plus part du temps, est dans l’Ain. Il doit procurer un logement à l’opérateur radio Paul de la mission Musc qui doit changer de lieu régulièrement et ne doit jamais se trouver au même endroit que son chef par mesure de sécurité.

Et comment oublier le serment pacté avec le Leader des Républicains espagnols, Miguel VERA : pas de répit tant que l’envahisseur ne sera pas chassé du sol Français et la République rétablie. Oui ces Espagnols étaient fiers de lutter auprès de leurs camarades français pour libérer le sol de la France, la France pays de Liberté et pays des droits de l’Homme.

Le 18 janvier 1944, le destin réuni pour la dernière fois Richard Andrès et Léon Bouvard. La dénonciation a eu lieu. La Gestapo sait le lieu et l’heure du passage des deux Résistants.

Au milieu de l’après-midi, une Section entière de la Wehrmacht investit le hameau de Sur-les-Bois. Des Allemands, il y en a partout, trente, trente-cinq peut être, raconte un neveu de Monsieur Garnier.  A l’époque l’espace qui est devant nous était occupé par un chalet que la famille Garnier utilisait comme réserve pour les produits d’hiver. Près de ce chalet, Andrée, la fille aînée s’apprête à charrier du bois pour le chauffage. Un officier allemand s’approche d’elle et lui dit : « Rentrez vite, tout à l’heure ici : ‘Boum ! Boum’ ! »

Les deux sœurs Garnier, Andrée 20 ans et Léa 18 ans, vont suivre la scène depuis la fenêtre de leur maison toute proche. Le barrage est installé à l’interception des deux routes. Sur ce virage même, trois fusils mitrailleurs judicieusement disposés pour ne laisser aucune chance à tout véhicule qui s’approche. Il est au tour de 17 H 30 quand la voiture des deux Résistants arrive. Léon Bouvard au volant ne peut voir le barrage qu’une fois engagé dans ce virage. Il tente une manœuvre désespérée en engageant une marche arrière. A cet instant, sans sommation, les fusils mitrailleurs entrent en action tous en même temps. Le vrombissement des armes est terrible. L’écho résonne sur les parois du Parmelan. Les habitants de Sur-les-Bois sont épouvantés. Avant de quitter les lieux, les Allemands dépouillent la voiture.

La nuit est déjà bien avancée quand Monsieur Alphonse Garnier, aidé d’un voisin, posent les corps ensanglantés  sur une charrette et les transportent au local des pompiers, un peu plus haut que l’école. Le lendemain, ils auront une sépulture par les soins de la municipalité d’Annecy-le-Vieux.

Le soir même du crime, Jean-Marie Saulnier en informe Xavier Heslop, chef de la mission Musc. Celui-ci prend les mesures nécessaires au cas où les Allemands auraient trouvé des papiers ou objets compromettants sur le corps de Richard Andrès.

La violence de cette embuscade m’inspire cette réflexion :

Que représentait Richard Andrès pour la Gestapo pour déployer un tel volume de forces juste pour avoir sa tête ? Mettre en œuvre un nombre considérable d’armes de guerre pour abattre deux personnes sans armes dans une voiture.

Mais peut être que le poste émetteur-récepteur qui était dans la voiture était à leurs yeux plus dangereux qu’une arme de guerre. Ça ressemble à une machine à écrire !

Comment ne pas faire le rapprochement avec les crimes barbares commis dans notre pays tout dernièrement contre d’autres qui n’avaient comme arme qu’un crayon.

Nous, héritiers des valeurs de la Résistance, de la République, de la France, affirmons que nous ne cèderons jamais devant aucune forme de Barbarie, ni de fascisme à l’unisson du peuple français, en hommage à nos morts.

Rappelons ce proverbe mexicain qui a été exclamé lors de la marche républicaine à Paris :  « Ils voulaient nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines ! »

 

Toute la cérémonie en diaporama :

https://picasaweb.google.com/103520140263246504517/CeremonieDu18012015AAnnecyLeVieux

 

 

 

 

 

 

 

 

70ème anniversaire de la Libération de Paris (article + photos + diaporama + blog et vidéo de tmex -Televisión social de Madrid)

70ème anniversaire de la Libération de Paris

L’association « 24 Août 1944 » a invité notre Président à participer aux manifestations organisées pour commémorer le 70ème anniversaire de la Libération de Paris, manifestations programmées sur trois jours :

Vendredi 22 août 2014 : Colloques « Révolution, guerre et exil des Républicains espagnols ».

Samedi 23 août 2014  : Evocation historique – La Parole errante – « Paroles des hommes de la Nueve » (avec Armand Gatti).

Dimanche 24 août 2014 : « Marche sur les traces de la Nueve entrant dans Paris ».

Récit de Miguel Vera :

Tous les Espagnols intégrés à la division Leclerc étaient des réfugiés politiques, combattant pour la Liberté et la justice sociale durant la Révolution espagnole et la guerre civile. Lors de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, ils se portèrent volontaires pour continuer le combat contre le nazisme et intégrèrent la Résistance en France métropole et les armées de la France Libre et la 2è DB en Afrique du Nord. Ce fut une de ces compagnies, la Nueve, composée d’Espagnols, qui entra la première dans Paris en avant-garde le 24 août 1944.

Nous avons suivi les pas de la « Nueve » sur le parcours qui va de la Porte d’Italie jusqu’à la Place de l’Hôtel de Ville. Cet itinéraire est ponctué par onze plaques leur rendant hommage. Ces plaques ont été apposées en 2004 par la Mairie de Paris.

Le rassemblement a été organisé Porte d’Italie. Un public nombreux a écouté les raisons de notre présence et qui étaient ces combattants très spéciaux, Républicains espagnols.

Porte d'Italie. Le public, très nombreux, en attente des discours puis de la "Marche sur les traces de la Nueve entrant dans Paris".

Porte d’Italie. Le public, très nombreux, en attente des discours puis de la « Marche sur les traces de la Nueve entrant dans Paris ».

Après le discours de Monsieur le Maire de l’arrondissement, j’ai été invité à prendre la parole. J’ai pu faire un parallèle entre ces Républicains espagnols qui sont entrés les premiers dans Paris pour le libérer et ceux qui, en commando d’avant-garde, ont participé avec brio à la Libération de la Haute-Savoie. J’ai parlé du Plateau des Glières où les Espagnols ont donné toute la mesure de leur capacité de Combattants de la Liberté.

Intervention de Miguel Vera à Paris, Porte d'Italie.

Intervention de Miguel Vera à Paris, Porte d’Italie.

 Peu après, la « Marche » a démarré.

 

Début de la "Marche sur les traces de la Nueve entrant dans Paris".

Début de la « Marche sur les traces de la Nueve entrant dans Paris ».

Le cortège a observé un moment de recueillement devant chaque plaque, en hommage aux hommes de la colonne Dronne.

 

Une des onze plaques, fleurie pour l'occasion.

Une des onze plaques, fleurie pour l’occasion.

A la fin du parcours, la réception par la Mairie de Paris fut pleine d’émotion. Le discours de Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris, fut impressionnant (hommage très appuyé à ces Républicains espagnols épris de Liberté), suivi du discours de Monsieur Kader Arif, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire.

 

Discours de Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris.

Discours de Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris.

Ce fut une journée magnifique.

 

Au premier rang, de gauche à droite : Rafael Gómez, survivant de la "Nueve"; Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris; Monsieur Kader Arif, Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de la Défense et Evelyn Mesquida, auteur du livre "La Nueve". Au deuxième rang, à gauche de Rafael Gómez, Miguel Vera, Président de l'Amicale de la Résistance Espagnole en Haute-Savoie.

Au premier rang, de gauche à droite : Rafael Gómez, survivant de la « Nueve »; Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris; Monsieur Kader Arif, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Défense et Evelyn Mesquida, auteur du livre « La Nueve ». Au deuxième rang, à gauche de Rafael Gómez, Miguel Vera, Président de l’Amicale de la Résistance Espagnole en Haute-Savoie.

Discours de Miguel Vera

Intervention du dimanche 24 août à Paris, Porte d’Italie.

« Marche sur les traces de la Nueve entrant dans Paris »

« Paris se libérait avec, en commando d’avant-garde, des Républicains espagnols de la « Nueve », mais d’autres territoires de France avaient déjà accompli leur propre libération, notamment la Haute-Savoie et son célèbre Plateau des Glières, soutenu par les Alliés dont Churchill lui-même. Sur ce Plateau sont montés pour recevoir des parachutages d’armement, dès le 31 janvier 1944, 120 maquisards emmenés par le Lieutenant Tom Morel. Sur ces 120 maquisards, 56 étaient des Républicains espagnols. Ils furent le bras droit de Tom Morel puis, après sa mort, celui de son successeur, le capitaine Anjot. Le 20 février 1944, Tom Morel fait installer un mat au centre du Plateau, il hisse les couleurs et déclare : « Ce lieu est le premier territoire libre de France ». Déclaration répercutée par les ondes de la BBC et répétée chaque jour. La devise « Vivre libre ou mourir » est adoptée.

Ces Espagnols ont connu des émotions presque surnaturelles. Un courant de liberté les a traversés. Ils ont communié avec l’esprit des Glières.

Après tant de sacrifices, leur République battue en Espagne, l’humiliation des camps de concentration du sud de la France, l’esclavage dans les Compagnies de Travailleurs Etrangers, les privations dans la clandestinité, Tom Morel leur a rendu leur dignité d’homme.

Aux Glières, ils ont donné toute la mesure de leur capacité de combattants. L’épopée des Glières fut admirée par les Alliés. La démonstration fut faite que la Résistance interne était capable de retenir loin des côtes du débarquement une Division entière de la Wehrmacht forte de 12000 hommes avec son aviation et son artillerie lourde. Ce comportement héroïque incita les Alliés à leur envoyer des armes à profusion. Ainsi, le 1er août 1944, les Alliés déversent sur le Plateau des Glières du matériel pour armer tous les maquisards de la Haute-Savoie.

Aussitôt connu le débarquement en Provence le 15 août, se déclenche la libération de la Haute-Savoie. Les Espagnols, toujours en avant-garde, y participent avec brio. Les garnisons allemandes de Saint-Julien, Evian, Thonon, Le Fayet, Cluses, sont réduites les unes après les autres, jusqu’à l’apothéose d’Annecy le 19 août.

Au moment où Albertville, Aix-les-Bains, Lyon et tous les départements limitrophes sont encore aux mains de l’occupant, Annecy et la Haute-Savoie reconquièrent leur liberté, libérés par les seules forces unies de la Résistance. C’est un cas unique en France.

Les autorités haut-Savoyardes et surtout la Mairie d’Annecy, gardent une gratitude permanente pour ces Espagnols, combattants de la Liberté, qui ont si brillamment contribué à la Libération de la Haute-Savoie. »

Le discours de Miguel Vera à Paris en vidéo :

L’événement en diaporama :

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L’événement vu par « TMEX » (Televisión Social de Madrid) :

TV Madrid Republicanos españoles

http://www.tmex.es/paris-recuerda-a-la-nueve-y-los-republicanos-espanoles/

Sortie au Plateau des Glières

Sortie annuelle au Plateau des Glières le 29/06/2014 :

Une journée bien remplie et réussie!

Le groupe sur la terrasse de la Maison du Plateau.

Le groupe sur la terrasse de la Maison du Plateau.

Le dimanche 29 juin 2014, notre Amicale a fait sa sortie annuelle au Plateau des Glières. Avant midi, nous avons parcouru le circuit historique avec notre Président comme guide, circuit un peu écourté en raison de la météo. Les commentaires étaient volontairement portés sur la présence des Républicains espagnols, leur rôle ayant été important et déterminant aux Glières. Nous avons visité également les locaux du « Maquis », avec sa salle de projection. Puis ce fut le retour à la Maison du Plateau pour le repas.

Succulente paella préparée par deux adhérents de notre Amicale, Santi et Ange.

Succulente paella préparée par deux adhérents de notre Amicale, Santi et Ange.

Après le repas, il était prévu, en cas de mauvais temps, de visionner un film sur l’histoire du Plateau mais comme le soleil s’est finalement invité de la partie, les joueurs de pétanque s’en sont donnés à coeur joie, une boule dans une main, une bière dans l’autre.

En fin d’après-midi, chacun a repris le chemin de sa maison avec plein de souvenirs de cette formidable journée et l’esprit déjà tourné vers la prochaine sortie…

La sortie du 29/06/2014 en images…

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Et encore plus de photos…

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Inauguration du « Monument aux Espagnols » rénové et de sa plaque explicative

Cérémonie d’inauguration du « Monument aux Espagnols » rénové et de la plaque explicative qui l’identifie.

Le 27 mai 2014, jour anniversaire de la création du C.N.R. – Comité National de la Résistance – par Jean Moulin, a été décrété jour National pour la mémoire de la Résistance.

La Municipalité d’Annecy a choisi ce jour pour célébrer l’inauguration du « Monument aux Espagnols » rénové, ainsi que la plaque explicative qui l’identifie.   Cette cérémonie s’est inscrite également dans le cadre du 70ème anniversaire de la Libération d’Annecy et de la Haute-Savoie.

Un hommage émouvant a été rendu aux Résistants Espagnols devant un public nombreux.

La cérémonie a été rehaussée par la participation d’un piquet d’honneur du 27ème BCA.

La Fanfare du 27ème BCA a créé une ambiance exceptionnelle tout au long de la célébration.

Les autorités de la Haute-Savoie nous ont honorés de leur présence. Quatre gerbes ont été déposées :

  • Par Monsieur Jean-Luc Rigaut, Maire d’Annecy.

  • Par Madame Anne Coste de Champeron, Sous-Préfète, Directrice de Cabinet de la Préfecture de la Haute-Savoie.

  • Par Monsieur Antoine de Menthon, Vice-Président du Conseil Général.

  • Par Miguel Vera, Président de l’Amicale de la Résistance Espagnole, accompagné du Général Jean-René Bachelet, Président de L’Association des Glières.

Etaient présents également : Le général Jean-Marc de Giuli, Président Départemental du Souvenir Français ; Madame Magalie Molina, Directrice de l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de guerre ; Le Colonel Paul Sanzey, Chef de Corps, Commandant le 27ème BCA ; Madame la Première Maire adjointe de la Ville d’Annecy avec plusieurs Maires-adjoints ; Monsieur Hubert Bornens, Président de l’UDC-AFN ; Monsieur Jean Escoffier, Président de l’UDAC ; de nombreuses autres personnalités ; les Présidents des Associations patriotiques et leurs porte-drapeaux ; Claudio Rodríguez Fer et son épouse Carmen Blanco, respectivement Président et Secrétaire de l’Association pour la Dignification des Victimes du Fascisme (Galice, Espagne). Le Député Lionel Tardy et le Sénateur Pierre Herisson se sont excusés pour cause d’assemblée importante à Paris.

L’apothéose de la cérémonie fut le moment des lectures du poème de José Ángel Valente, en espagnol par Claudio Rodríguez Fer, Directeur de la Chaire « José Ángel Valente » de Poésie et Esthétique de l’Université de Saint-Jacques de Compostelle; en français par Jacques Ancet, poète et traducteur français de grand renom, auteur de la traduction magistrale du poème de José Ángel Valente qui figure sur la plaque qui identifie le « Monument aux Espagnols » à Annecy. La sonorité de leur voix emplit alors l’atmosphère, imposant un silence d’admiration.

Claudio Rodríguez Fer lisant le poème de José Ángel Valente en espagnol.

Jacques Ancet lisant sa traduction du poème de José Ángel Valente.

Jacques Ancet lisant sa traduction du poème de José Ángel Valente.

La cérémonie se termina par le salut des autorités aux porte-drapeaux.

Discours du Président de l’Amicale de la Résistance Espagnole :

Miguel Vera en train de lire son discours.

Miguel Vera en train de lire son discours.

Les Républicains Espagnols dans la Résistance.

L’exode.

« De 1936 à 1939, la guerre d’Espagne est le funeste prologue de la Seconde Guerre mondiale.

La République succombe devant l’agression fasciste de Franco bénéficiant de l’appui d’Hitler et Mussolini.

Des milliers de réfugiés affluent en France, souvent accueillis dans des conditions misérables.

En 1939, l’Europe s’embrase. Nombreux sont alors les Espagnols qui s’engagent dans la Légion Etrangère. Dans la débâcle de 1940, ceux qui sont faits prisonniers sont dirigés vers le camp de concentration de Mauthausen.

D’autres, en France, ont rejoint des Compagnies de Travailleurs Etrangers créées pour eux.

Ainsi arrivent à Annecy le 20 septembre 1940 trois de ces compagnies pour effectuer des travaux routiers ou forestiers ou encore fabriquer du charbon de bois.

Bientôt, leurs chefs se rapprochent de la Résistance qui s’organise.

Vivre libre ou mourir.

Le 1er février 1944, un groupe important rejoint le Plateau des Glières à l’appel de Tom Morel. Deux sections sont formées : Ebro et Renfort Ebro.

Soldats aguerris, disciplinés et loyaux, ils sont de toutes les opérations, notamment de celle qui coûte la vie à Tom Morel à Entremont le 10 mars.

Lors de la dispersion, le 26 mars, ils paient un lourd tribut dont témoignent le monument aux morts de Thorens et la stèle en mémoire du capitaine Anjot à Nâves.

Jusqu’à la libération du département par les seules forces de la Résistance dès le 19 août, ils seront aux avant-postes.

A la Nécropole Nationale des Glières de Morette, les croix marquées de deux cocardes, l’une espagnole, l’autre française, témoignent de ce que ces Français par le sang versé, sont morts pour la France et la Liberté ».

Drapeau Républicain Espagnol devant le Monument aux Espagnols morts pour la Liberté dans les rangs de l'Armée française et la Résistance.

Drapeau Républicain Espagnol devant le Monument aux Espagnols morts pour la Liberté dans les rangs de l’Armée française et la Résistance.

Toute la cérémonie du 27/05/2014 en images :

https://plus.google.com/photos/103520140263246504517/albums/6020763819256020097?authkey=CK-L25m-qLDOKg#photos/103520140263246504517/albums/6020763819256020097?authkey=CK-L25m-qLDOKg

Quelques extraits en vidéo :

Article du « Dauphiné Libéré » du 28/05/2014 sur cette inauguration :

Article Dauphiné Inauguration Monument aux Espagnols

Les mots du Président…

Les Résistants Espagnols de la Haute-Savoie parmi les premiers « soldats civils » de l’Armée Secrète.

Le Comte François de Menthon crée son mouvement de Résistance « Liberté » en novembre 1940.

En novembre 1941, le mouvement « Libération Nationale » d’Henri Frenay et « Liberté » de François de Menthon fusionnent leurs forces pour créer le mouvement « Combat ». Cet accord a lieu à Lyon, d’où le mouvement doit se propager.

Une cellule est amenée à Annecy, à l’Auberge du Lyonnais. Les aubergistes Jean-Marie et Flora Saulnier deviennent les deux premiers Agents P2 de la France combattante du mouvement « Combat ».

De ce mouvement émane l’Armée Secrète. Les Espagnols ont leur P.C. à l’Auberge du Lyonnais.

Voilà comment les Résistants Espagnols se sont trouvés parmi les premiers « soldats civils » de l’Armée Secrète.

La création de ce site a comme objectif principal de faire connaître le parcours exceptionnel de ces combattants de la Liberté, parcours ignoré du public et surtout complètement absent des livres d’histoire.

Dans ce sens, nous faisons un appel aux descendants, amis, sympathisants et à toutes les personnes qui posséderaient des documents de cette époque. Ces documents devront couvrir leur passage dans les camps d’internement du sud de la France, leur engagement dans les Compagnies de Travailleurs Etrangers, la Légion, la Résistance, etc.

Peu à peu nous pourrions ainsi nous approcher de notre objectif, ouvrir au grand jour cette facette de l’histoire si méconnue et continuer l’action de passeurs de mémoire pour les nouvelles générations.

Miguel VERA, Président de l’Amicale de la Résistance Espagnole en Haute-Savoie.

 

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Les mots du Maire d’Annecy, Jean-Luc RIGAUT, sur le rôle des Républicains Espagnols dans la Résistance en Haute-Savoie et la Libération d’Annecy.

Interview de TV 8 Mont-Blanc le 27 mai 2014 lors de l’inauguration du « Monument aux Espagnols » rénové :

 

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Discours du Général Jean-René BACHELET, Président de l’Association des Glières, lors du baptême de la Section EBRO du 27ème BCA à Thorens-Glières le 16 octobre 2015 :

Hommage à nos anciens Combattants de la Liberté.

Discours de Miguel VERA, Président de l’Amicale de la Résistance Espagnole, le dimanche 13 avril 2014 à ANNECY, devant le « Monument aux Espagnols » :

Monsieur le Maire de la Ville d’Annecy,

Monsieur le Vice-président du Conseil Général,

Mon Général, Président de l’Association des Glières,

Monsieur le Député, Monsieur le Sénateur,

Messieurs-Dames les Présidents et Présidentes des Associations Patriotiques,

Monsieur Helfgott, Président d’honneur de l’Association des Glières,

Messieurs les porte-drapeaux, Mesdames et Messieurs.

Au nom de l’Amicale de la Résistance Espagnole, je vous salue et vous remercie de votre présence pour commémorer ce 83ème anniversaire de la République Espagnole, proclamée le 14 avril 1931. C’est un honneur pour moi en tant que fils de Républicain et Résistant de vous retrouver devant ce monument érigé à la mémoire des Espagnols morts pour la Liberté dans les rangs de l’Armée française et dans la Résistance.

Ce monument nous rappelle que des hommes et des femmes se sont battus pour des valeurs universelles telles que la démocratie, la liberté et la dignité humaine. Nous sommes les fils et les filles de ces hommes et ces femmes qui avaient été les premiers en Europe à prendre les armes contre le fascisme dès 1936. Date funeste ce 18 juillet 1936. Des Généraux félons se soulèvent contre la jeune République anéantissant les espoirs du peuple en une Espagne plus fraternelle et une société plus juste.

Ce coup d’Etat est minutieusement préparé avec les puissances fascistes européennes, comme le révèle le colonel Henri Morel, officier français attaché militaire auprès de l’Ambassade de France à Madrid. Hitler et Mussolini mettent tout leur potentiel militaire au service de Franco. Un pont aérien au-dessus de Gibraltar par l’aviation allemande transporte les troupes du général félon Franco du Maroc à la péninsule. Dix gros bombardiers de Savoie-Marchetti de la Reggia Aeronotica Italiana transportent le matériel. C’est une terrible guerre qui commence et qui va durer presque trois ans. Les puissances de l’Axe apportent une aide massive aux rebelles. Hitler fait de l’Espagne son champ d’essais pour la mise au point de son matériel de guerre et les méthodes de combat. Le camp républicain n’est aidé que par les Brigades Internationales et une aide matériel de l’URSS.

Les forces en présence sont disproportionnées. La République est vaincue, abandonnée par les démocraties européennes qui appliquent la politique de la « non intervention ». Barcelone tombe le 26 janvier 1939. La République vaincue, ses partisans ont le choix entre la mort ou l’exode vers la France. 500 000 réfugiés sont jetés sur les routes. Femmes, enfants, vieillards et combattants républicains traversent les Pyrénées dans la misère le froid et la neige. Débordée par cet afflux d’exilés qualifiés de « rouges », de gens dangereux voire criminels, l’accueil de la France est glacial. Les réfugiés sont parqués dans des camps d’internement dans le sud de la France. Ceux qu’on a appelés « les camps des plages ». Barcarès, Argelès- sur-Mer, St-Cyprien ne sont dans un premier temps que des plages désertes délimitées par les barbelés d’un côté et la mer de l’autre, l’armée française se chargeant de la surveillance par l’intermédiaire des troupes coloniales.

Les conditions de vie dans ces camps sont effroyables. La faim, la fatigue, les maladies les épidémies dont la dysenterie, font des ravages. On estime aujourd’hui le nombre des victimes à plus de 15000 en quelques mois. Peu à peu, la vie s’organise dans ces camps et les réfugiés reçoivent quelques fois l’aide d’une partie de la population locale qui leur jette de la nourriture ou des vêtements par dessus les barbelés lorsque les gardes ont le dos tourné. Dans ces camps, ils sont incités à s’enrôler dans les Compagnies de Travailleurs Etrangers ou dans la Légion. Cependant, dès que le péril nazi s’abat sur la France, ils vont être au premier rang dans les combats antifascistes dans l’armée et dans la résistance au coude à coude avec leurs camarades français.

L’historien Jean-Louis Crémieux-Brilhac rend hommage à ces hommes dans l’un de ses récits. Je cite un extrait : « A la fin du printemps 1939, les soldats et miliciens espagnols, réfugiés en France, commencent à être utilisés à certains travaux intéressant la Défense nationale et des compagnies de travailleurs espagnols, composées de volontaires, sont constituées dans les régions du Midi : ces compagnies comptent 250 hommes répartis en cinq sections. 79 compagnies militaires de ce type seront affectées à des travaux d’aménagement des camps ou d’organisation défensive des frontières. A la mobilisation, les 79 compagnies militaires prévues existent. Fin novembre 1939, leur effectif dans la seule zone des armées s’élève à 20 000 hommes qui aménagent les étapes et consolident la ligne Maginot. Mais l’effondrement français et l’armistice de juin 1940 ouvrent une nouvelle page dramatique dans l’histoire des Espagnols réfugiés en France. Les plus cruellement frappés sont les 8000 à 9000 hommes des compagnies militaires de prestataires maintenues dans les zones des armées. Ils ont été, pour la plupart, faits prisonniers par les Allemands. Considérés comme des « rouges » irréductibles, séparés des autres prisonniers de guerre, ils sont déportés au camp de Mauthausen ou dans ses dépendances. Des 7199 républicains espagnols déportés à Mauthausen, 4761 y trouveront la mort. Un nouveau chapitre allait s’ouvrir, celui de la participation militaire espagnole à la résistance extérieure française, elle fut brillante, agitée coûteuse. Des Espagnols ont participé à tous les combats de la France Libre. Ils sont présents sur tous les champs de bataille d’Afrique et d’Italie, puis jusqu’à la victoire -à l’avant-garde des armées débarquées en Provence et en Normandie. Trois unités ou séries d’unités à participation espagnole notable se sont distinguées entre 1940 et 1945 : La 13è demi-brigade de la Légion étrangère de la France Libre, les Espagnoles des régiments de Légion d’Afrique du Nord et les Espagnols du général Leclerc. Le capitaine Raymond Dronne a consacré à ces derniers un superbe chapitre dans ses « Carnets de route »sous le titre « Découverte de la nueve ». La nueve, la compagnie qu’il commandait et qui était principalement composée d’Espagnols et qui dans la nuit du 23 au 24 août1944, il fonça avec ses hommes, sur ordre du général Leclerc, vers Paris et atteignit l’Hôtel de Ville. Dronne a évoqué magistralement les itinéraires de ses hommes. Il est resté lié aux survivants par une étroite fraternité d’armes. Il leur vouait un souvenir ému et admiratif. De l’été 1940 au printemps 1945, du Gabon au Tchad, à la Syrie et à l’Arlberg, de la Tunisie à Berchtesgaden, près de 3500 Républicains espagnols ont combattu dans les rangs français, près d’un millier ont donné leur vie pour la victoire des démocraties : amère victoire pour ceux qui croyaient se battre aussi contre le franquisme. Des morts espagnols reposent avec les morts français à Bir-Hakeim comme aux Glières ».                            

Oui, Glières, à l’appel de Tom Morel, ils sont montés sur ce Plateau avec enthousiasme pour lutter pour la Liberté -et non pas pour se cacher comme certains peuvent le suggérer. Ils ont adopté la devise « Vivre libre ou mourir » et ont communié avec l’esprit des Glières. A Glières, ces hommes ont vécu une émotion presque surnaturelle. Après tant de souffrances, vaincus en Espagne, humiliés dans les camps d’internement, privations dans la clandestinité, Tom Morel leur a rendu leur dignité d’homme. Un courant de liberté les a traversés. Ces combattants de la Liberté ont été fiers de se battre pour libérer le sol de France, pays des droits de l’Homme, dont beaucoup en avait rêvé avant la guerre ».